ENTRETIEN AVEC GUILLAUME CARAMELLE
Pourquoi faire ce film ?

Pour raconter une histoire qui soulève des questions toutes à la fois absolument intemporelles et véritablement contemporaines. Parmi lesquelles, la question nodale, celle qui anime chaque jeune un peu ambitieux ou sinon velléitaires: qu’est ce que je veux devenir et, son corrolaire, qu’est ce que je peux devenir ?

C'est une question que vous vous posez ?

Chaque jour, en effet. Bien que me concernant, j’estime avoir trouvé la réponse. Mais le sort a son mot à dire. Il faut qu’il y ait une alchimie entre ce qu’on veut, ce que la providence nous offre et ce que nos compétences nous permettent! On n’est pas seuls décisionnaires de notre avenir et ça, c’est difficile à accepter !

Pourquoi tourner à Paris ?

J’ai choisi Paris parce que j’y vis et que je connais la ville. Mais ça aurait pu être n’importe où! C’est d’ailleurs pour ça que je prends soin qu’on ne remarque pas, par des éléments moumentaux par exemple, qu’on est à Paris. L’idée, c’est d’utiliser le décor de la ville pour l’égarement qu’il permet. Les dédales urbains sont le miroir du labyrinthe identitaire que parcourt le personnage. La nuit, la ville vous avale, vous malmène, vous emmène là où elle veut, selon ses caprices, comme dans un vortex. Finalement on s’en fiche que ce soit Paris! Ce n’est pas un film carte postale !

Pourtant le film s’inscrit dans le paysage parisien ? Notamment a travers vos personnages qui peuvent paraître tous ce qu’il y’a de plus archétypique dans la sociologie parisienne ?

Mais on ne peux pas y couper! On ne peut pas construire une identité particulière sans l’inscrire dans un contexte général. Et créer un personnage consiste a construire une identité. J’ai cependant opéré un mouvement inverse. Ce n’est pas le personnage que j’ancre dans la ville mais la ville que j’ancre dans le personnage.

Et quel est le but du film? Donner aux jeunes la foi en leurs rêves ?

Le film n’est pas si prétentieux. Et surtout, beaucoup plus ambigü. Selon moi, le but du cinéma n’est pas d’apporter des réponses mais d’enrichir les questions...

Quelles sont vos références ?

En vrac: Aronovsky, Noé, Wong Kar Waï, Allen, Tarantino, Wes Anderson, Carax, Jacques Audiard et j’en oublie plein. Un cinéma qui questionne l’individu et excite les sens. Et finalement, questionner l’individu c’est questionner la société.